Passer du seed à la Série A : l’épreuve de vérité pour les startups françaises

Cet article est tiré de l’épisode 3 du podcast Punchtime de notre partenaire Punchie. Un épisode à découvrir ici.

Lever, c’est bien. Grandir, c’est mieux.

Lever un seed, c’est excitant. C’est la preuve qu’une idée trouve preneur, qu’un marché réagit, qu’une équipe commence à exister.
Mais lever une Série A, c’est tout autre chose.

C’est la fin du rêve, le début du dur.
Là où les chiffres remplacent les promesses, où les investisseurs veulent des faits, pas des intentions.

Entre ces deux étapes — le seed et la Série A —, il y a un gouffre que beaucoup de startups françaises sous-estiment.
Un espace flou, mal accompagné, où les boîtes doivent passer de l’intuition à la méthode.

Et c’est précisément là que tout se joue.

Le mirage du “ça va le faire”

À la sortie d’un seed, tout semble possible. Les investisseurs ont validé la vision, les premiers clients arrivent, les courbes montent.
Mais trop souvent, cette euphorie masque une réalité : le modèle n’est pas encore prouvé.

Or la Série A, c’est la phase de vérification.
On ne juge plus la promesse, mais la performance.

Les fonds regardent désormais :

  • La rétention client réelle (et non le “taux estimé”)

  • La structure du coût d’acquisition

  • Le rythme de croissance organique

  • Le lien entre traction et marge brute

  • La solidité de la gouvernance

C’est là que beaucoup de fondateurs trébuchent.
Parce qu’ils arrivent avec des convictions, pas des preuves.

Et parce qu’ils confondent souvent “avoir levé” avec “avoir réussi”.

Le passage à l’échelle, ou l’art de piloter dans le brouillard

La Série A marque le moment où la startup doit professionnaliser ses réflexes.
Ce n’est plus le temps du test and learn permanent : il faut désormais scaler ce qui marche.

Ça implique trois changements majeurs :

  1. Un pilotage financier précis — savoir lire, comprendre et défendre ses chiffres. Le prévisionnel n’est plus une annexe du deck : c’est la colonne vertébrale du projet;

     

  2. Une stratégie d’exécution cohérente — savoir prioriser les canaux d’acquisition, maîtriser ses cycles de vente, anticiper les effets de levier;

     

  3. Une posture de dirigeant — passer du mode “créateur inspiré” au mode “CEO qui délivre”.

À ce stade, ce ne sont plus les investisseurs qui donnent la confiance. C’est la boîte qui la mérite.

Pourquoi tant de startups échouent à ce moment-là

Parce que personne ne les a préparées.

En France, on adore financer l’innovation. On parle de French Tech, d’écosystèmes, de levées record.
Mais on a encore du mal à accompagner la phase de structuration.

Beaucoup de fondateurs se retrouvent seuls face à des enjeux nouveaux :

  • Comment construire un vrai board ?

  • Comment recruter les bons profils de scale-up ?

  • Comment gérer la trésorerie quand la croissance s’accélère ?

  • Et surtout : comment convaincre un fonds Série A que son modèle peut durer ?

C’est un saut de maturité. Et comme tout saut, il demande un entraînement.

Objectif Lune : combler le vide entre le seed et la Série A

Chez The Moon Venture, on a vu ce scénario des dizaines de fois : des boîtes brillantes, avec un produit solide, mais qui échouent à structurer leur levée suivante.
Pas par manque d’ambition — mais par manque de méthode.

C’est pour ça qu’on a créé Objectif Lune.

Le programme s’adresse aux startups qui ont déjà fait leurs preuves en seed, mais qui veulent mettre toutes les chances de leur côté pour une Série A réussie.

On y travaille sur trois piliers :

  • La traction : comprendre ce qui génère vraiment la croissance et comment l’amplifier.

  • Le modèle économique : valider la cohérence entre la vision, les marges et les coûts d’acquisition.

  • Le pilotage financier : construire un plan solide, défendable, crédible.

L’idée n’est pas de “préparer une levée” au sens marketing du terme.
Mais de construire une entreprise qui mérite d’être financée.

La Série A, c’est la fin de la complaisance

On peut toujours raconter une belle histoire pour un seed.

Mais à la Série A, les investisseurs ont vu passer des centaines de decks. Ils détectent les incohérences, les raccourcis, les promesses creuses.

Ce qu’ils veulent, c’est une direction claire, des chiffres assumés, et une équipe lucide.

Et c’est exactement ce que les meilleurs fondateurs comprennent : Lever n’est pas un objectif, c’est une conséquence.

En conclusion

Le seed, c’est la promesse.
La Série A, c’est la preuve.

Et si la France veut produire plus de scale-ups durables, elle doit apprendre à mieux accompagner cette phase.
À professionnaliser la préparation, à valoriser la rigueur autant que l’audace.

Chez The Moon Venture, on y croit fermement : l’avenir des startups françaises dépend de leur capacité à franchir ce cap sans perdre leur âme — ni leur cash.

Parce que la lune n’est pas pour ceux qui rêvent fort.

Elle est pour ceux qui préparent bien leur trajectoire.